LE FORT SAINTE-ANNE

Par Jean Barros   historien

img048c

   L’accès du havre de Portbail était autrefois défendu par un fort ou batterie. A droite du chenal, en sortant du havre, on peut voir ce qui reste des ruines du fort construit au début du XIXème siècle.

img048b

   Un premier fort fut construit en 1745, pendant la guerre de succession d’Autriche, et portait le nom de Sainte-Anne. Il était de forme demi-circulaire et son aspect s’apparentait à celui des forts de Vauville ( encore existant, propriété privée ) et de Rethoville ( détruit par la mer ). La plateforme maçonnée, pour les canons, était tournée vers la mer et protégeait un bâtiment, voûté à l’épreuve de la bombe, contenant un corps de garde, une poudrière et un magasin. Ce bâtiment était surmonté, dans l’axe du couloir d’entrée, par une échauguette dont les meurtrières permettaient de surveiller l’horizon sur 360 degrés.

img049b

   En 1760, l’armement était de 3 pièces de 18. En 1762-1764, de 2 pièces de 24 et une de 18 plus  » une quatrième hors de service qui est abattue « .

En 1760, l’ingénieur Héron estimait qu’il  » serait nécessaire de former au moïen d’une digue revêtue de maçonnerie, un fossé … y faire un pont levis et dormant « . Les travaux estimés à 13428 livres, ne furent pas réalisés. En 1765, les tempêtes du 10 février et des 9 et 10 mars emportèrent plus des trois quarts de l’ouvrage y compris les fondations. Un projet de reconstruction, estimé à 20174 livres, fut abandonné: le fort était irréparable et les matériaux furent vendus en 1768.

Un plan, daté de 1794, montre qu’à cette époque il n’y avait plus qu’une batterie provisoire constituée d’un épaulement en sable avec une plateforme armée de 2 canons de 24; le corps de garde et la poudrière étaient en bois.

Le fort dont on peut encore voir les ruines aujourd’hui fut construit sous le 1er Empire. C’était une grande plateforme avec épaulement en terre et genouillère en maçonnerie, corps de garde, poudrière et logement du gardien de batterie. En 1808, il était armé de 2 canons de 24 et un de 4. En 1841, l’épaulement était détruit et il fallait fréquemment dégager les pièces du sable qui envahissait la plateforme. L’armement prévu était alors de 2 canons de 30 et 2 obusiers de 22. Entre 1843 et 1848, plusieurs projets de reconstruction furent abandonnés. Pendant le Second Empire, le fort resta en service et un gardien de batterie y était affecté.

img050b

   En septembre 1870, devant la gravité de la situation militaire, le vice-amiral Roze, préfet maritime de Cherbourg, ordonna la mise en état de défense du Cotentin pour assurer la sécurité de l’arsenal et du port militaire de Cherbourg. Une ligne fortifiée, pourvue d’une abondante artillerie et appuyée sur les marais, fut établie entre Portbail et Carentan ( camp retranché du Cotentin ). Le fort de Portbail fut armé de 7 obusiers de 30 servis par des cannoniers marins tandis que les troupes d’infanterie de marine et les unités de Mobiles se déployaient le long de la ligne fortifiée.

Le corps de garde de Portbail, construit vers 1669, est une construction voutée à l’épreuve de la bombe. Il est situé au bord du havre, entre le bourg et La Rivière ( propriété privée ). En 1870, une batterie de circonstance, armée de 3 canons rayés de marine de 16 cm et de 3 obusiers de 30 y fut établie ( batterie n°2 de la ligne fortifiée du camp retranché du Cotentin ).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s