DERNIERES PUBLICATIONS EN COTE DES ISLES / 2013

Bibliographie: dernières publications en Côte-des-Isles

Jacques Lechevalier: Barneville-Carteret, un joyau du Cotentin ( 2 volumes de 192 pages, s.l.s, 2013, préface de M. Jean-Luc Boussard, maire de Barneville-Carteret ).

Jacques Lechevalier: Terre et Mer en Côte-des-Isles ( un volume de 224 pages, s.l.s, 2013, préface de M. Dieudonné Renaux, conseiller-général ).


Depuis quelques années, les productions de l’auteur se succèdent à un rythme effréné. Après «  Néhou dans la nuit des temps  » «  Voyage au coeur du Cotentin, canton de Saint-Sauveur-le-Vicomte dans l’Histoire  », «  Port-bail le sourire du Cotentin  » en 2011 ( préface de M. Guy Cholot, maire de Portbail ), «  Terre et Mer en Côte-des-Isles ( svd ) » en 2011 ( préface de M. Henry Levéel, maire de Saint-Georges-de-la-Rivière ), voici trois nouveaux volumes parus en 2013.

On regrettera que l’auteur se soit abstenu de rencontrer et d’échanger avec les historiens et les archéologues qui travaillent et publient sur l’histoire et l’archéologie en Cotentin: ils ne refusent pas d’échanger et ne pratiquent pas la «  rétention d’informations ».

Qu’on nous comprenne bien: il va de soi que la personne de l’auteur n’est pas en cause mais seulement le contenu de ses publications.

L’intérêt des publications de l’auteur réside dans les illustrations ( cartes postales anciennes, photographies anciennes et récentes, aériennes notamment ).

Les textes fourmillent d’erreurs, de confusions, d’affirmations contredites d’une page à l’autre, relatent des faits et des situations qui n’existent que dans l’imagination des informateurs de l’auteur. Parmi d’autres:

On nous ressert pour la énième fois, la «  carte des côtes de l’ancienne Neustrie  » établie à partir de la carte de Deschamps-Vadeville qui est un faux grossier comme l’a démontré, le premier, le chanoine Pigeon en 1881.

Le Pic Mallet, au bourg de Barneville, n’a rien à voir avec la famille Mallet ( Haute-Normandie ), c’est une invention sortie de l’imagination du chanoine Louis-Ernest Couppey ( 1850-1924 ), curé doyen de Barneville ( 1904-1913 ); ce toponyme n’existait pas auparavant.

La description du manoir de Carteret relève du délire. Le «  cousinage  » des Lefebvre d’Anneville, derniers seigneurs de Carteret, et de la famille Barbey d’Aurevilly n’a existé que dans l’imagination du chanoine Toussaint ( affirmation reprise, sans vérification, par plusieurs auteurs de travaux sur Jules Barbey d’Aurevilly ).

Je ne savais pas que le prieuré de la Taille à La Haye-d’Ectot «  abritait des moines bénédictins de l’abbaye de Saint-Etienne de Caen ». J’ai appris que le choeur de l’église de Saint-Jean-de-la-Rivière était «  la partie la plus ancienne de l’édifice » datant « probablement du XI ème siècle » et que la nef « date du XIV ème siècle ou XVI ème siècle ».

Je ne savais pas non plus, qu’avant 1789, le manoir de Barneville « appartenait à la famille Sénoville rattachée vraisemblablement aux d’Orléans » et qu’il avait été incendié pendant la Révolution, qu’un « souterrain, dont l’entrée remblayée reliait le manoir de Graffard et se prolongeait jusqu’au château de Bricquebec  » ( pourquoi pas jusqu’aux châteaux de Valognes, Carentan et Cherbourg … ! ).

Enfin, je ne savais pas que l’allée couverte du Grand Breuil ( aux Moitiers-d’Allonne ) était située dans un oppidum et «  qu’on y offrait les sacrifices, peut-être même des sacrifices humains sous la direction des druides » … !

L’auteur a puisé, sans autorisation et sans les citer en référence de bas de pages et dans la bibliographie,dans les publications de ses prédécesseurs et de ses contemporains; c’est notamment le cas pour la Côte-des-Isles et les deux volumes ( parus en 1991 ) sur le patrimoine et l’histoire du canton de Barneville-Carteret. Un seul exemple: les généalogies des propriétaires des différents manoirs tels que les seigneurs de Sénoville ( Terre et Mer, p.70 ); les propriétaires des Essarts ( ibidem, p. 86-87 ), du Ronceray ( ibidem, p. 115-116 ) etc … introuvables ailleurs sauf à « dépouiller feuille à feuille » les registres et catholicités et les minutes notariales.

Outre l’absence de notes et de références en bas de pages, l’indigence de la bibliographie, l’absence d’indication des sources ( documents originaux ) privent le lecteur de la possibilité de recourir à la documentation utilisée par l’auteur. Mieux, l’auteur prétend se référer à des sources … inexistantes! En ce qui concerne la Côte-des-Isles, Yves Nédélec, qui fut archiviste départemental pendant plus de quarante ans et que je reconnais comme « mon maître » ainsi que Rémy Villand, son adjoint, n’ont pratiquement rien écrit sur le canton de Barneville-Carteret sachant que je travaillais sur le sujet. Enfin, citer le recueil de nouvelles « Feux sur la Falaise » du chanoine Amy laisse perplexe …

On regrette que de telles publications sur la Côte-des-Isles qui comme le Cotentin mérite mieux, aient été préfacées par des élus se portant ainsi caution d’ouvrages prenant auprès des lecteurs non avertis mais de bonne foi, la place de publications issues des recherches d’archéologues et historiens compétents, rendant par la même difficile voir impossible leur diffusion auprès des passionnés d’Histoire et de Patrimoine.

Jean Barros

Barneville-Carteret, le 30 août 2013

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