LE BAPTISTERE DE PORTBAIL,UNE SAGA BIEN PORTBAILLAISE

 

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D’abord, un petit résumé de l’ état des lieux.

Mis au jour en 1956, les vestiges de ce baptistère sont rapidement classés au titre des monuments historiques, ainsi que le terrain aux alentours qui contient de nombreux sarcophages de période mérovingienne. Les vestiges du baptistère reçoivent un bâtiment de protection en 1978. En 1995 , la municipalité, fait appel au CAUE de la Manche et travaille à un projet de mise en valeur qui sera abandonné.  En 1999, à proximité, les restes d’un fanum ( temple romain de tradition celtique ) sont exhumés.

Dans l’état actuel des connaissances, ce baptistère est le seul connu en France au nord de la Loire,  le site, dans sa globalité, est le seul connu par l’archéologie, en Normandie comme témoin de la pérennité d’un lieu de culte ( de la période romaine païenne au Haut Moyen-Age chrétien ). Le fanum est le second mis au jour dans le département de la Manche.

Bref, Portbail possède un joyau de notre patrimoine national, mais dont les vestiges, autour du baptistère, affleurent en surface les rendant très fragiles.


 

Pourtant, à partir de 2001 le terrain devient la  » place du Baptistère « , on y plante des chapiteaux et les véhicules les plus lourds sont autorisés, le baptistère est transformé en véritable giratoire. Cependant, face aux protestations, la municipalité semble prendre conscience de la valeur du site et M. l’Adjoint à la Culture travaille à un deuxième projet de mise en valeur. En février 2008, conformément à l’application de la loi sur l’Archéologie Préventive, un diagnostic est réalisé, il confirme le grand intérêt scientifique et patrimonial du site. La nouvelle municipalité souhaite poursuivre le travail engagé, M. le Conservateur en Chef du Patrimoine de Basse-Normandie étant chargé d’aider la municipalité à la définition du projet. Le préalable à cette démarche est de protéger l’existant en interdisant la circulation et le stationnement sur le site.

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Une commission composée d’élus et de membres extérieurs est constituée, M. le premier Adjoint est nommé référent pour la commune. Il est fait appel aux compétences du CAUE et des Bâtiments de France. A partir de 2008, de nombreuses réunions sont organisées, ainsi qu’une visite pour les membres de la commission de sites archéologiques mis en valeur dans le Calvados. A plusieurs reprises, il est rappelé à M. le Maire qu’il doit interdire la circulation et le stationnement.

Pour un coût d’environ 35000€ ( selon M. le Maire ), le projet est finalisé en 2013.

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Cette même année, les anciens terrains de tennis bordant le site archéologique sont transformés en parking, qui sera équipé d’accès 6 mois plus tard, à la veille des élections municipales de 2014. Le projet figure d’ailleurs au programme électoral.

Mais toujours pas d’interdiction de stationner sur le site archéologique!

En 2016, la situation est inchangée. Une injonction des Services de l’Etat imposant l’interdiction de stationner est envoyée à M.le Maire. Une courageuse conseillère municipale demande que le sujet soit abordé au conseil de janvier. M. le Maire qui tient toujours à son parking, doit cependant suivre son Conseil qui vote à l’unanimité l’interdiction de stationner.

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Mais qu’en est-il de la mise en valeur?

Au cours du conseil municipal de janvier 2016, M. le premier Adjoint affirme que « ce beau projet » est toujours d’actualité. En réalité, en trois ans, aucune démarche que ce soit de la part de la municipalité ou de la FAPAP ( Fédération des Associations pour le Passé dans l’Avenir de Portbail ), association créée pour l’occasion, n’est engagée, même pour un projet minimaliste et peu dépensier ( un peu de pelouse  et quelques panneaux d’information ).

Pour conclure, en plus de vingt ans, les Services de l’Etat et Départementaux, cabinet d’Architectes ainsi que des élus et des bénévoles ont été mobilisés à plusieurs reprises, des sommes importantes dépensées en études, pour ce site exceptionnel laissé pour compte par la municipalité, ce qui constitue pour le moins un paradoxe pour une commune tournée vers le tourisme.

Nous pourrons nous consoler en constatant la mise en place, au bout de 8 ans, d’une clôture de « protection »qui  n’anticipe cependant pas les plans définis dans le projet de mise en valeur qui devrait débuter, n’en doutons pas, au prochain interglaciaire.

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le 12 avril 2016

Jean Barros, Gilles Laisné (membres du comité de pilotage du projet de mise en valeur du baptistère).

 

L’article sur l’histoire le Baptistère de Portbail

 

 

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