Manche. Un parking à la place du cimetière: la polémique enfle près de Saint-Hilaire

Encore un scandale dans un cimetière du département

Hélas, encore une fois, des élus n’ont aucun respect pour les monuments funéraires et les personnes inhumées.

On peut citer d’autres exemples du même acabit :

Omonville-la-Petite, pour soit disant manque de place.

Couville, pour réaliser un parking; des ossements, des éléments de sarcophages du Haut moyen âge en calcaire coquiller de Sainteny, des fragments de tuiles gallo-romaine ont été retrouvés dans les déblais laissés sur place.

Portbail, aménagement d’un parking au pied de l’église Notre-Dame, monument protégé au titre des monuments historiques. Grâce à l’intervention d’un membre du GRAC cette opération n’a pas eu lieu.

                                                                  Gérard VILGRAIN-BAZIN, administrateur du GRAC

ARTICLE DE PRESSE DANS LA MANCHE LIBRE

LE BAPTISTERE DE PORTBAIL,UNE SAGA BIEN PORTBAILLAISE

 

baptistere-2784 (1)

D’abord, un petit résumé de l’ état des lieux.

Mis au jour en 1956, les vestiges de ce baptistère sont rapidement classés au titre des monuments historiques, ainsi que le terrain aux alentours qui contient de nombreux sarcophages de période mérovingienne. Les vestiges du baptistère reçoivent un bâtiment de protection en 1978. En 1995 , la municipalité, fait appel au CAUE de la Manche et travaille à un projet de mise en valeur qui sera abandonné.  En 1999, à proximité, les restes d’un fanum ( temple romain de tradition celtique ) sont exhumés.

Dans l’état actuel des connaissances, ce baptistère est le seul connu en France au nord de la Loire,  le site, dans sa globalité, est le seul connu par l’archéologie, en Normandie comme témoin de la pérennité d’un lieu de culte ( de la période romaine païenne au Haut Moyen-Age chrétien ). Le fanum est le second mis au jour dans le département de la Manche.

Bref, Portbail possède un joyau de notre patrimoine national, mais dont les vestiges, autour du baptistère, affleurent en surface les rendant très fragiles.


 

Pourtant, à partir de 2001 le terrain devient la  » place du Baptistère « , on y plante des chapiteaux et les véhicules les plus lourds sont autorisés, le baptistère est transformé en véritable giratoire. Cependant, face aux protestations, la municipalité semble prendre conscience de la valeur du site et M. l’Adjoint à la Culture travaille à un deuxième projet de mise en valeur. En février 2008, conformément à l’application de la loi sur l’Archéologie Préventive, un diagnostic est réalisé, il confirme le grand intérêt scientifique et patrimonial du site. La nouvelle municipalité souhaite poursuivre le travail engagé, M. le Conservateur en Chef du Patrimoine de Basse-Normandie étant chargé d’aider la municipalité à la définition du projet. Le préalable à cette démarche est de protéger l’existant en interdisant la circulation et le stationnement sur le site.

numérisation0002

Une commission composée d’élus et de membres extérieurs est constituée, M. le premier Adjoint est nommé référent pour la commune. Il est fait appel aux compétences du CAUE et des Bâtiments de France. A partir de 2008, de nombreuses réunions sont organisées, ainsi qu’une visite pour les membres de la commission de sites archéologiques mis en valeur dans le Calvados. A plusieurs reprises, il est rappelé à M. le Maire qu’il doit interdire la circulation et le stationnement.

Pour un coût d’environ 35000€ ( selon M. le Maire ), le projet est finalisé en 2013.

numérisation0001

Cette même année, les anciens terrains de tennis bordant le site archéologique sont transformés en parking, qui sera équipé d’accès 6 mois plus tard, à la veille des élections municipales de 2014. Le projet figure d’ailleurs au programme électoral.

Mais toujours pas d’interdiction de stationner sur le site archéologique!

En 2016, la situation est inchangée. Une injonction des Services de l’Etat imposant l’interdiction de stationner est envoyée à M.le Maire. Une courageuse conseillère municipale demande que le sujet soit abordé au conseil de janvier. M. le Maire qui tient toujours à son parking, doit cependant suivre son Conseil qui vote à l’unanimité l’interdiction de stationner.

baptistère Portbail

Mais qu’en est-il de la mise en valeur?

Au cours du conseil municipal de janvier 2016, M. le premier Adjoint affirme que « ce beau projet » est toujours d’actualité. En réalité, en trois ans, aucune démarche que ce soit de la part de la municipalité ou de la FAPAP ( Fédération des Associations pour le Passé dans l’Avenir de Portbail ), association créée pour l’occasion, n’est engagée, même pour un projet minimaliste et peu dépensier ( un peu de pelouse  et quelques panneaux d’information ).

Pour conclure, en plus de vingt ans, les Services de l’Etat et Départementaux, cabinet d’Architectes ainsi que des élus et des bénévoles ont été mobilisés à plusieurs reprises, des sommes importantes dépensées en études, pour ce site exceptionnel laissé pour compte par la municipalité, ce qui constitue pour le moins un paradoxe pour une commune tournée vers le tourisme.

Nous pourrons nous consoler en constatant la mise en place, au bout de 8 ans, d’une clôture de « protection »qui  n’anticipe cependant pas les plans définis dans le projet de mise en valeur qui devrait débuter, n’en doutons pas, au prochain interglaciaire.

IMG_0266

le 12 avril 2016

Jean Barros, Gilles Laisné (membres du comité de pilotage du projet de mise en valeur du baptistère).

 

L’article sur l’histoire le Baptistère de Portbail

 

 

LES MORTIERS ROMAINS ETAIENT-ILS DE QUALITE? / SUITE

Comme vous pourrez le constater sur la photographie qui suit, la municipalité de Portbail a réagi. Des moyens importants ont été mobilisés pour protéger le secteur, un nid de poule vient d’être rebouché, réponse à la hauteur de l’enjeu!

IMG_0547

Voici un courrier de M. le maire de Portbail, adressé en 2008, et oui le temps passe vite, à M. le Conservateur en Chef du Patrimoine de la région Basse-Normandie :

 

numérisation0001

Et un courrier émanant de la Préfecture de la région Basse-Normandie :

numérisation0002

Ce site y est qualifié de : grand intérêt scientifique et patrimonial et de très fragile!

Dans le bulletin municipal de 2013 « Port-Bail Passionnément », il est écrit : « Il est de ce fait important, quand les services techniques interviennent sur le territoire, qu’ils le fassent avec méthodologie et avec les précautions nécessaires. Nous marchons tous … sur l’histoire de nos ancêtres. »

Et que faisons-nous? Et bien, on roule dessus!

De 2009 à 2013, beaucoup d’argent du contribuable a été consacré à l’étude d’un projet d’aménagement et de mise en valeur du site, à la demande de la municipalité de Portbail. Pourquoi en est-on resté là?

Si les restrictions budgétaires d’aujourd’hui peuvent expliquer l’arrêt de ce projet, il n’empêche que nous avons le devoir de protéger ce patrimoine pour ceux qui suivront et d’accueillir nos visiteurs dans un espace décent, certains viennent de très loin pour voir ce site paléochrétien, même de l’étranger . Un aménagement léger peut être mis en place, il suffit d’un peu de responsabilité et de volonté de la part de la municipalité de Portbail.

Le baptistère et son terrain sont classés au titre des monuments historiques.

Le 7 / 12 / 2015

Jean Barros, Gilles Laisné,

( membres du comité de pilotage du projet de mise en valeur du baptistère de Portbail )

LES MORTIERS ROMAINS ETAIENT-ILS DE QUALITE ?

VUE_GENERALE                             Vue générale

S’il semble que la communauté scientifique soit unanime pour confirmer la résistance et la longévité des mortiers romains, la municipalité de Portbail, pour le vérifier, mène un Projet peu Commun de Recherche sur le sujet.

En effet, depuis la mise au jour en 1999, auprès du baptistère, des restes d’un fanum  ( temple romain de tradition celtique ), de nombreux bénévoles conscients ou inconscients passent systématiquement avec leurs véhicules  sur les vestiges affleurants et visibles, les dégradant jour après jour.

CELLA                Vestiges visibles de la cella du fanum

Seuls deux fanums sont connus par l’archéologie dans le département de la Manche, ceux de Montaigu-la-Brisette et Portbail.

Alors, pourrait-on simplement à Portbail, protéger ce modeste espace d’environ 100 m2, du passage des voitures?

En lien, la  com.  de la municipalité de Portbail concernant ce secteur: vous pourrez y lire qu’il est protégé depuis fin 2009!

http://www.portbail.fr/actualites/50/MISE-EN-VALEUR-DU-BAPTISTERE.html

Gilles Laisné ( membre du comité de pilotage du projet de mise en valeur du baptistère de Portbail ).

Le 25 / 10 / 2015

Pour en savoir plus :

 L’article sur le baptistère de Portbail

L’EGLISE NOTRE-DAME DE PORTBAIL,UN PARKING, DES VOITURES ET DES PALMIERS

Par Jean Barros  

Historien, membre du GRAC , de la Société d’Archéologie et d’Histoire de la Manche, du comité de pilotage du projet de mise en valeur du baptistère de Portbail.

IMG_0520

Les maçonneries de l’église Notre-Dame de Portbail, édifice classé monument historique, viennent de faire l’objet d’importants travaux de restauration dont l’exécution était devenue urgente.

Mais pour quel motif, et qui en a eu l’idée, la création toute récente d’un parking pour quelques voitures qui a empiété sur une bonne partie de la pelouse située devant le chevet et qui pollue définitivement l’environnement visuel de ce vénérable et remarquable témoin de l’art roman en Cotentin?

Désormais, quel que soit l’endroit où on se placera, il sera impossible de photographier, ou tout simplement d’admirer, le côté sud, le chevet à l’est et la tour de l’église sans bénéficier de la vue des voitures qui vont stationner à longueur de journée et des palmiers qui viennent d’être plantés!

Assurément, ces palmiers sont là, devant l’église, pour évoquer les racines proche-orientales du christianisme!

On s’interroge: l’église Notre-Dame est classée monument historique, ce qui implique le respect d’un certain nombre de dispositions réglementaires en ce qui concerne  toute intervention dans son périmètre de protection comme sur l’édifice lui même.

Ici, il y a covisibilité entre l’église et le parking situé dans le périmètre de protection de cet édifice classé: dans ce cas une autorisation préalable aux travaux émise par l’architecte des Bâtiments de France ( ABF ) est nécessaire.

Le Service départemental de l’Architecture et du Patrimoine a-t-il été saisi d’une demande d’autorisation administrative avant le début des travaux? A priori, non!

Quoi qu’il en soit, vives félicitations et remerciements aux décideurs responsables d’une si remarquable réalisation qui embellit l’environnement de l’église Notre-Dame, ce dont elle aurait pu se passer et qui n’est rien d’autre qu’une atteinte au Patrimoine.

Jean Barros

19 / 10 / 2015

IMG_0521

IMG_0524


L’EGLISE NOTRE-DAME DE PORTBAIL, UN PARKING, DES VOITURES ET DES PALMIERS:

EPILOGUE

Eglise N-DLa Presse de la Manche

UN PEU D’HUMOUR :

Cet article n’est pas sans rappeler un texte ancien, tiré des chroniques des hauts-faits en l’abbatia de Portbail.

 » le miracle du trou rebouché « 

Sous le pontificat du pape François, le temps de la nativité venant, les habitants de la bourgade de Portbail voient avec étonnement apparaître une grande cavité au chevet de l’église Notre-Dame. Les paroissiens affligés s’interrogent, mais par quel malheur cette plaie s’est-elle ouverte en ce lieu sacré, serait-ce l’ oeuvre d’un dragon?

Ils font appel au comte agacé qui réunit ses conseillers de la table ovale, mais ils se taisent craignant des représailles. Le comte décide alors de se mettre en prière en attendant l’injonction divine qui ne tarda pas à l’éclairer.

La plaie fut refermée et la population reconnaissante retrouva sa sérénité.

Gilles Laisné, le 8 novembre 2015 après JC

IMG_3105